Être maire aujourd’hui : entre engagement et difficultés

🏛Être maire aujourd’hui : entre engagement et difficultés

Avec ses 2 155 habitants, Saint-Palais fait partie de ces communes de taille moyenne qui constituent le cœur du maillage territorial français. Une réalité que l’on retrouve à l’échelle nationale où 34 888 maires et 546 040 conseillers municipaux assurent quotidiennement le bon fonctionnement de nos communes. Dans les Pyrénées-Atlantiques, ce sont 546 maires qui œuvrent au service de leurs concitoyens, dont notre maire, Charles Massondo.

Un profil qui évolue lentement

Le maire « type » français reste encore largement masculin : 80,2 % d’hommes contre seulement 19,8 % de femmes. L’âge moyen de 58,9 ans témoigne d’une fonction souvent exercée après une première carrière, ce qui explique que 40 % des maires soient retraités. Dans le monde rural comme en Basse-Navarre, on compte encore 10 % d’agriculteurs parmi les édiles.

Toutefois, une évolution se dessine dans les grandes villes : dans les communes de plus de 100 000 habitants, 28,6 % des maires sont des femmes. Au total, elles représentent 42,4 % des élus dans les conseils municipaux, un chiffre qui progresse lentement mais sûrement.

La confiance des citoyens : un atout précieux

Face à la défiance généralisée envers les politiques, le maire tire son épingle du jeu : 69 % des citoyens lui font confiance. Ce capital de sympathie repose sur trois piliers :

  • Son honnêteté (61 % de confiance),
  • Sa capacité à tenir ses engagements (50 %),
  • Sa connaissance des dossiers (34 %).

Cette proximité fait du maire l’élu le plus apprécié de France.

Des démissions en hausse inquiétante

Pourtant, derrière ces chiffres encourageants se cache une réalité plus sombre. Sur le mandat actuel, 2 189 maires ont démissionné, soit 6 % du total – un chiffre quatre fois supérieur au précédent mandat 2008-2014 (550 démissions). Plus inquiétant encore : 53 % de ces démissionnaires étaient de nouveaux élus, témoignant d’un découragement rapide face aux difficultés du mandat.

Les communes les plus touchées sont celles de 0 à 500 habitants (42 % des démissions) et de 1 000 à 3 500 habitants (près d’un quart des démissions). Des territoires comme la Basse-Navarre, avec ses petites communes rurales, sont donc particulièrement concernés par ce phénomène.

Des violences qui n’épargnent personne

L’une des causes de cet épuisement est la montée des violences contre les élus. En 2024, 2 500 élus ont été agressés en France. Les maires sont les premières victimes (64 % des cas), suivis des adjoints et conseillers (18 %) et des parlementaires (13 %).

Ces violences prennent majoritairement la forme de menaces et d’outrages, en particulier par voie électronique – les réseaux sociaux étant devenus un espace d’intimidation quotidienne. Mais on recense aussi des violences physiques et des destructions de biens, créant un climat anxiogène pour des élus souvent bénévoles ou modestement indemnisés.

Un engagement qui mérite reconnaissance

Être maire en 2025, c’est conjuguer passion du service public et résilience face aux difficultés. Dans nos territoires ruraux comme Saint-Palais et la Basse-Navarre, où la proximité avec les administrés est quotidienne, cet engagement n’en est que plus admirable.

Si les chiffres nationaux interpellent, ils doivent aussi nous rappeler l’importance de respecter et de soutenir celles et ceux qui, au quotidien, incarnent la démocratie au plus près de nos vies.

Source : Magazine Notre Temps, novembre 2025

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